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Robertsau : PAPETERIE Lana joue la carte du carton de sécurité

 Deux mois après la reprise de Lana par un investisseur danois, la papeterie de La Robertsau a retrouvé des couleurs. Le président bas-rhinois, Guy-Dominique Kennel, a pu s’en convaincre.

La papeterie Lana à Strasbourg, liée depuis 1872 au quartier de la Robertsau, a failli disparaître au printemps dernier. La crise l’avait fragilisée. L’absence de maîtrise des coûts de production, des erreurs de management ont failli avoir raison de cette papeterie qui fabrique des papiers spéciaux, et notamment infalsifiables, pour un marché de niches.

Savoir-faire

« Les précédents propriétaires n’avaient pas su valoriser le savoir-faire spécifique de cette entreprise » , observe posément le nouveau patron, en place depuis début octobre, Lasse Brinck, un Danois de 46 ans, qui compte bien tailler des croupières à ses concurrents…

En accueillant, hier matin, le président Guy-Dominique Kennel, qui préside aussi l’Adira, l’agence de développement économique du Bas-Rhin, le repreneur de Lana, avec ses 59 salariés et une production de 7 500 tonnes, n’a pas cherché à masquer les difficultés. Néanmoins, il s’est d’emblée montré positif, insistant sur le recrutement de trois nouveaux collaborateurs depuis deux mois. Avec le jeu des départs, six femmes – niveau Master 2 – ont été engagées dans ce monde très masculin, dont la directrice des ventes qui se font pour 60 % à l’export. « Au 1er janvier, nous serons 65 pour une production à 8 000 tonnes l’année prochaine, et nous espérons atteindre les 12 000 tonnes en 2017 » , a décliné Lasse Brinck. Qu’on se le dise : l’entreprise est prête à engager immédiatement six papetiers…extraits L'alsace

« Sans l’aide de l’Adira, la reprise n’aurait pas été possible » , a-t-il assuré. S’il a aussi été soutenu par la Ville et par la Région, il a été accompagné par les chargés de mission de l’Adira qui ont déminé le terrain pour lui. « Il a fallu sept semaines pour créer la nouvelle société. Pendant ce temps, nos clients ne pouvaient pas payer les factures » , s’étonne le patron danois, en insistant sur l’importance des entreprises moyennes pour un territoire comme l’Alsace.

Tout en maîtrisant aussi l’anglais, Lasse Brinck s’exprime dans un allemand parfait, et se promet d’améliorer son français. Car il ne manque pas d’ambition pour son entreprise. Les bâtiments vieillots en donnent une impression trompeuse. Lana possède une des douze machines les plus sophistiquées qui existent dans son domaine en Europe. « La plus grande est ici. Neuve, elle vaut 25 millions d’euros » , relève Patrick Béranger, spécialisé dans la restructuration d’entreprises, qui avait dirigé Lana à la demande de l’administrateur judiciaire, « pour remettre le site en état de marche ». « Quand Lasse est arrivé, il a posé les bonnes questions. Il avait travaillé pendant dix ans dans un groupe papetier allemand et voulait reprendre une papeterie… »

Un accord a aussi été trouvé avec le Colmarien Marc Rinaldi, propriétaire depuis dix ans du foncier et de l’usine. Visiblement le courant est passé entre les deux patrons. 1,5 million d’euros vont être investis dans les bâtiments. La société Acta de Rinaldi, elle, récupérera 1,5 hectare, de l’autre côté de l’Ill, pour une opération immobilière. Lana conservera les 4,5 hectares nécessaires à son activité…

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